mardi 9 décembre 2014

Test de 3 câbles USB de 2 m, de 3.90€ à 550€ 

Généralités sur le transfert de données musicales numériques (Flux PCM pour ce qui n’est pas DSD) :
Le passage d'un signal analogique à un signal numérique, se fait via une conversion analogique / numérique, par échantillonnage.
En effet, la prise des valeurs du signal analogique se fait :
 - A intervalles de temps constants par ce que l’on appelle la fréquence d’échantillonnage : 44100 kHz (pour le CD) / 88200 kHz / 96kHz  / 176 kHz / 192 kHz / 396 kHz
 - Par une quantification en bit de chacune des valeurs échantillonnées : 16 bits / 24 bits / 32 bits
Autrement dit : à chaque période de l'horloge (selon la fréquence choisie), on "prend" le signal analogique et on lui donne une valeur numérique (le bit).
Par exemple, à la fréquence de 96 kHz, soit 96000 fois par seconde, on peut  échantillonner le signal analogique en 24  0 ou 1 (24 bits) ou en 16  0 ou 1 (16 bits)
Pour les CD :
La fréquence est fixée à 44,100 kilohertz, le signal analogique est encodé numériquement  sur 16 bits (une combinaison de 16 x 0 et 1) Chaque seconde de musique contient 44100 échantillons, codés sur 16 bits et 2 canaux. Au total, cela représente 1,411 millions de "bits" par seconde de musique !!!

Le convertisseur Asynchrone :
Les convertisseurs dernière génération sont quasiment tous « asynchrone »
Asynchrone, pour un convertisseur ou Dac, signifie que celui-ci peut recevoir les données sans contrainte de temps. Généralement, ceci se fait par la mise en place d’un « buffer » ou zone tampon. Dans cette zone tampon, les données numériques sont stockées le temps nécessaire et y restent jusqu'à leur conversion. 
Le buffer adapte l’arrivée du flux PCM (transformation en numérique de signaux analogiques) dans le convertisseur, au temps dont celui-ci a besoin pour la conversion.

Ce petit préambule technique, pour tenter de mesurer subjectivement la quantité d’informations qu’un câble USB doit véhiculer...

Bien sûr, ils le font tous et même pas mal du tout !
Un simple câble d’imprimante est capable de faire ce travail très convenablement.
Mais voyons si il est possible, en dépit du fait qu’un flux PCM n’est finalement composé que de 0 et de 1, d’améliorer encore la restitution finale, la restitution musicale en fait, avec des câbles USB de meilleure facture.

Pour harmoniser les longueurs, je n’ai testé que des câbles de 2m car la longueur du BMC PureUSB est soit de 2m soit de 5m
J’ai donc pris pour mon test trois câbles biens différents, en conception et en prix :

- Un câble USB d’imprimante tout «simple» de valeur faible puisqu’il ne coûte que 3.90€ en 2m


- Le câble USB BMC PureDac avec son boitier actif et dont le prix bien plus élevé, (54 fois plus cher !) est de 210€ en 2m



- Le câble USB d’un câblier Américain très connu : MIT.
J’ai choisi le modèle StyleLink Matrix dont le prix de 550€ pour 2m, est 141 fois plus élevé que celui de l’USB d’imprimante (!!!) et 2.6 fois plus élevé que celui de l’USB BMC



J’ai pour mon test, utilisé les matériels suivant :
- Un NAS Synology sur lequel sont stockés mes fichiers wav et aiff.
- Une tablette pour commander le NAS, via l’application Synology DS Audio
- Un Dac Primare DAC30



- Un amplificateur AudioValve RKVIII



- Un casque JPS Labs Abyss




C’est bien entendu volontairement que j’ai choisi ce système très haut de gamme, car l’objectif étant de tenter d’identifier les différences entendues à l’écoute entre trois câbles USB, je souhaitais être sûr de la grande capacité de résolution du système servant au test.
Dans ce cas précis, je pense pouvoir affirmer sans trop me tromper, que le pouvoir de résolution du système DAC30 / RKVIII / Abyss 


se situe aux plus hauts sommets de ce qu’il est possible d’entendre au casque actuellement.
Le RKVIII était relié au DAC30 par un câble symétrique de haute volée, de 1 m :
Le JPS Labs Superconductor XLR



Les musiques écoutées ont été :


  Katie Melua et la plage " I'd love to Kill you " de son album "the House"




l'incontournable (pour moi, bien sûr) Ciaccona in A major de Johann Heinrich Schmelzer
                Magnifique violon, musique de toute beauté. Voici avec ce titre 9 mn de volupté !




Le clavecin est un instrument très difficile à reproduire correctement parce qu'il peut très vite devenir "acide" "sec" et éthéré.
Sur cet album d’œuvres du compositeur et claveciniste Français Jacques Duphly (1715 - 1789) et interprétées par Christophe Rousset, j'ai choisi la plage 24, le "4ème livre




Un orchestre symphonique à présent, avec la magnifique page "Danzon" du compositeur Espagnol Arturo Marquez, extraite de l'album "Espana"




Le fameux "Jazz at the pawnshop" dans sa version SACD
quel enregistrement !
J'ai choisi la plage 8 "Barbados"

Les écoutes :

J’ai commencé par comparer sur chacun des albums choisis, le câble USB d’imprimante avec le câble USB BMC PureUSB

- Katie Melua :

C'est très beau avec les deux câbles, mais en comparaison directe, le câble d’imprimante « pince » un peu la voix. Elle est plus consistante, mieux placée en timbre et en hauteur avec l’USB BMC.
Elle est également plus « ouverte » et j’entends plus de détails sur les terminaisons de mots avec le câble BMC

- Schmelzer :

Tout se passe ici, avec cette magnifique chaconne pour violon, dans les registres médium,  haut médium et aigu.
Autant dire qu’il est aisé d’entendre avec ce type de fichier, les différences audibles en termes de résolution, de raffinement, de ciselé, de douceur.
Ce que j’entends avec le BMC PureUSB correspond d’avantage à ce que je j’aime et recherche :
Une grande douceur accompagnée d’une très belle richesse harmonique.
Le tout est plus raffiné, moins « simplifié » qu’avec le câble USB d’imprimante.
J’entends également plus d’ouverture avec le câble BMC.
le violon est tout simplement plus beau avec le BMC.

- Jacques Duphly :

Dans ce fichier, priment uniquement les fréquences haut médium et aigu.
Là encore, plus de richesse harmonique, plus d’ouverture avec le Câble BMC. Les notes, dans toute leur tessiture sonore sont moins « écourtées » et leurs harmoniques viennent enrichir et compléter le timbre superbe de ce très beau clavecin.
Très beau également avec le câble d’imprimante, mais il faut bien le dire, la comparaison directe avec le PureUSB montre les limites d’un câble « basique » dans les registres où nous trouvons le plus d’informations.

Espana :

Le hautbois et la clarinette de l’introduction sont mieux détourés et plus précisément placés dans l’espace avec le PureUSB.
L’orchestre apparaît ensuite plus précis, moins confus et moins « brouillon » qu’avec le câble d’imprimante.
J’entends également avec le câble d’imprimante un léger tassement de dynamique sur les « forte », les envolées d’orchestre et là encore, un sentiment de «flou » que je ne remarque pas avec le PureUSB

Jazz at the Pawnshop :

Le PureUSB m’offre plus de profondeur, plus de précision sur le placement des pupitres dans l’espace.
Ils se détachent tous mieux les uns des autres avec le BMC.
Le grave est plus tendu, le saxo plus « suave » et d’une manière générale, l’ensemble sonne plus « convainquant », si tant est qu’il soit possible de s’exprimer ainsi.
Une fois encore, très beau avec le câble d'imprimante, mais un peu "simplifié" en comparaison directe avec un meilleur câble.

En seconde écoute :

le Câble USB BMC PureUSB a été comparé au Câble USB MIT StyleLink Matrix :

L'écart se creuse encore.
Je trouve même que les différences entre le Câble USB MIT et le câble USB BMC sont plus importantes qu’entre le BMC et celui d’imprimante.
Oui, elles sont moins subtiles et portent d’avantage sur un accroissement de la transparence et de la clarté.
Je ne vais pas détailler musique par musique au risque de me répéter. Comme dit ci-dessus, je constate avec le câble USB MIT StyleLink, un gain significatif en transparence et en clarté sur tous les fichiers écoutés.
Ceci ce traduit par exemple sur la voix de Katie Melua, par plus de « velouté », un meilleur rendu de l’acoustique du lieu de l’enregistrement.
Sur la chaconne de Schmelzer, le violon monte plus haut, il est plus clair, encore plus détaillé mais également plus ouvert.
A l’écoute de la superbe page « Danzon » de l’album Espana, l’orchestre est plus libre dans ses écarts dynamiques, là encore les ambiances du lieu sont mieux lisibles et l’ensemble « respire » d’avantage.

Alors bien sûr, si l’on souhaite le meilleur rapport qualité / prix, le câble d’imprimante est imbattable.
Pour quelques euros seulement, il saura nous régaler, c’est un fait certain pour moi.
Après et c’est le cas pour beaucoup d’entre nous, existe aussi la volonté d’optimiser son système.
Après avoir dépensé une somme plus ou moins conséquente (En sachant que ceci est tout a fait relatif), nous n’aimons pas trop savoir que notre système puisse être limité, bridé, par des connexions de base. Alors nous cherchons à faire au mieux.
Et bien au même titre qu’un câble de modulation, le câble USB a son importance et peut-être considéré comme un « vrai » maillon.

A chacun de nous de savoir si un  PureUSB à 210€ vaut mieux qu’un câble d’imprimante à moins de 4€  ou si un MIT Style Link  à 550€ est préférable à un BMC PureUSB…
Ce n’est pas moi qui répondrai à votre place !

Pour ce qui me concerne, les différences de sonorités entre câbles USB existent. Je viens une fois de plus de m'en convaincre.
Et ceci, en dépit des arguments objectivistes selon lesquels, un câble qui transporte des 0 et des 1 ne peut pas avoir d'influence sur le transport de ces "bit". Et par conséquent, ne peut d'aucune manière avoir une incidence sur le rendu musical final. 

Mais mes conclusions n’engagent que moi, et je prie le lecteur de prendre ce qui lui convient dans mes écrits, comme bien entendu, de rejeter ce qui ne lui convient pas.

Pierre




2 commentaires:

  1. maaha Mr Paya c'est donc un mythe qui s'écroule !
    mais ces différences audibles ne le sont-ils qu'avec du matériels de pointe ?...
    en tout cas merci pour ce CR irréalisable par le commun des mortels vu la logistique employée.
    j'ai trouvé la démarche très bonne et super utile et suis maintenant convaincu et converti :)

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  2. Merci de la confiance que vous me témoignez !
    Tout avis est le bien venu, aussi merci pour votre commentaire.
    Une chose est certaine pour moi : Des différences d'écoute existent entre câbles USB et pour les percevoir, il faut un matériel suffisamment neutre et transparent.
    Il n'est pas non plus nécessaire et heureusement, "d'aligner" un ampli à 4000€ avec un casque à 6000€ comme je l'ai fait.
    Après, à partir de quelle gamme de produits, se trouve la limite en dessous de laquelle la capacité de résolution n'est pas suffisante pour discerner les différences d'écoute entre plusieurs câbles USB....je ne sais pas.
    Pierre

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